Mon Nice/Cannes…

Voilà, enfin je me décide à vous raconter mon vécu de ce marathon des Alpes-Maritimes…

Si j’ai pris mon temps et que je fais un compte-rendu une semaine après, ce n’est pas parce que je n’avais rien à dire sur ma course ni pas parce qu’elle s’est mal passée ou que je n’en avais rien à faire. Il fallait que je prenne un peu de recul, que je laisse passer un peu de temps pour bien vous expliquer mon ressenti pendant ce weekend et non pondre un truc vite fait qui ne reflèterait pas vraiment ce que j’ai vécu durant ce Marathon Nice/Cannes. Pour tout vous dire, si j’avais écrit à la suite de la course je pense que j’aurais fait un récit qui ne reflèterait pas ce que j’ai vécu et donnerait presque l’impression que je banalise ma performance !

Projetons nous sur la dernière semaine, celle qui va tout doucement nous emmener jusqu’au jour de la course. Durant les jours qui vont suivre je vais souvent me poser une question car cela m’intrigue « Pourquoi ai-je l’impression de ne pas avoir de pression particulière à l’approche du marathon ? ». Que je n’ai pas de pression ou stress 2 ou 3 semaines avant c’est normal, mais je supposais que plus les jours allaient s’approcher et plus j’allais ressentir une certaine nervosité ! Je dis bien « supposais » car au fond de moi je m’en doutais que cela n’allait pas arriver. N’allez pas croire que c’est une certaine suffisance de ma part ! Pas du tout je ne suis pas ce genre de personnes, bien au contraire je suis plutôt quelqu’un de mesuré, je n’aime pas m’enflammer même intérieurement car je sais très bien que tout peut arriver et que le seul moment où je peux avoir un gros ouf de soulagement et extérioriser ma satisfaction ce n’est qu’après avoir couru ce Marathon.

Ce Nice/Cannes est mon deuxième Marathon et si je le compare dans son approche à Marseille 8 mois plus tôt c’est le jour et la nuit. Cela est tout à fait normal qu’ils soient différents dans leurs approches. Marseille était mon 1er Marathon et rien que cela implique beaucoup de choses niveau stress et appréhension. En plus, je n’y allais pas seulement « que » pour courir un Marathon, j’y allais aussi avec des certitudes et objectifs ambitieux lorsqu’on va courir son 1er Marathon. En mars je voulais marquer le coup pour mon 1er Marathon, je voulais le courir en moins de 3 heures et je savais très bien que j’en avais les moyens. Mon Semi Marathon couru quelques mois plutôt avait été le déclencheur de cet objectif. Mais vous pouvez avoir toutes les garanties nécessaires, le jour de la course vous n’avez pas le pouvoir de maitriser tous les aléas de son déroulement. Heureusement pour moi ce Marathon de Marseille s’est bien passé et j’ai pu atteindre mon objectif majeur du Sub 3 heures car je l’ai couru en 2h52’25 !

Ne croyez pas que j’étais zen pour Nice, bien sûr que j’étais stressé et que je m’interrogeais – c’est normal – mais rien d’extravagant. J’allais courir mon 2ème Marathon, je savais ce qui m’attendait, j’avais des garanties et je savais comment gérer ces 42 195 mètres ! N’allez aussi pas croire que je suis entrain de dire que j’ai une grande expérience des marathons, non loin de là je ne me permettrais pas cela parce que j’ai encore énormément à apprendre, et aussi par respect à ceux et celles qui en ont l’expérience.

Pour Nice/Cannes je n’avais aucun plan de course de préparé. Me connaissant je savais très bien que ça ne servait à rien, je suis quelqu’un d’atypique dans ma préparation et je le reste aussi dans ma façon de courir un Marathon. Je dois vous avouer que les jours précédant la course, conscient de mes capacités pour ce Marathon, deux phrases me revenaient souvent en tête et je me demandais qu’est-ce qui était le pire « Me dire que je peux me rater dimanche » ou « Me dire que j’ai les capacités de faire un beau chrono, bien meilleur qu’à Marseille ». La réponse à cette question qui me revenait souvent était « Que j’ai peur de me louper alors que j’ai largement les capacités de faire mieux qu’à Marseille ». Je trouve que c’est de la bonne pression, elle ne m’obsédait pas plus que ça et était révélatrice de mon ambition. Et comme me le suggérait une très bonne amie « Donne tout le Jour J pour réaliser ton souhait et ne rien regretter après quoiqu’il arrive ! » Cela tombe bien c’est exactement moi ça !

De ce Marathon, plus que la course, ce sont les rencontres faites la veille, quelques minutes avant le départ et à la fin de la course. Mais également cette atmosphère dans le village et aux alentours le samedi  que je trouve géniale. Ce partage de fin de course que chacun d’entre nous partageons les uns avec les autres et cela quelque soient nos chronos. On a tous un point commun, on est heureux de l’avoir fait. Bien-sûr il y a toujours des personnes un peu moins contentes ou peu déçues de leur course qu’il faut  réconforter et leur montrer que ce qu’elles ont réalisé est fort et qu’elles peuvent en être très fières malgré une certaine déception !

Place maintenant à ma course ! Pour moi le Marathon commence vraiment  le samedi soir lorsqu’on éteint la lumière pour dormir pour être frais le lendemain. Le vrai travail psychologique commence à ce moment précis, c’est là où on rentre vraiment dans notre course. A partir de là toutes les petites choses (douche, la crème anti-frottement, le Petit Déj’, etc…) qu’on fera ne seront pas faites au hasard et nous amènerons petit à petit jusqu’à la ligne de départ. Ce sont ces petits gestes qui deviendront au fil de nos courses officielles une habitude et seront nos repères. Ce sont eux qui vont nous rassurer, nous permettre de mieux nous concentrer comme une espèce de superstition.

Pour ce Marathon il me manquait un repère essentiel : ma femme et mon fils. C’est la 1ère fois depuis que je fais des courses officielles qu’ils ne sont pas là. Ça peut paraître bizarre mais les avoir à mes côtés me fait du bien et là, de ne pas les voir ça me faisait bizarre surtout le samedi soir avant de rentrer dans mon Marathon. Comme à l’accoutumé mon repas de veille de course est atypique lui aussi entre chips, taboulé, saucisses Knacki, fruits, chocolats et thé ! J’avais programmé mon réveil pour 4 heures dimanche pour un départ de course à 8 heures. Mais j’étais réveillé à 3h30, pas à cause du stress de la course que je ne ressentais toujours pas; peut-être la fameuse grande lune du week-end. Une fois debout j’ai appliqué mon rituel douche, baume du Tigre sur les jambes et Nok sur les pieds. J’enchaîne avec un Petit Déj’ de champion c’est-à-dire café soluble dans un verre à eau et 3 Princes Choco et hop je pars à l’encontre d’Arnaud pour rejoindre la gare de Nice et prendre les navettes à 5h30 qui nous amèneront jusqu’à l’Allianz Arena où se situe le départ du Marathon cette année.

Pour ce Marathon je prends la même tenue qu’un mois auparavant au Semi de Lyon : short, maillot manches courtes, chaussettes basses et comme chaussures les Adidas Boston 6 cette fois-ci. Je dépose mes affaires aux consignes à 6 heures et l’erreur de ma part est que je n’ai rien pour me couvrir jusqu’au départ que je puisse jeter car il faisait froid ce matin là surtout quand le vent soufflait, ceux qui étaient présents peuvent vous le certifier. Autre grosse et grave erreur de ma part est que j’ai oublié mon paquet de Princes Choco à l’hôtel !!! En fait je vais prendre le départ du Marathon avec un café soluble et 3 Princes Choco dans le ventre pris 3 heures auparavant. Mais bon cela ne m’effraie pas, j’ai habitué mon corps à faire des sorties de 30 kilomètres à jeun et ce même si là j’allais courir un Marathon. Je savais qu’en cas de fringale je pouvais compter sur certaines choses aux ravitaillements.

Pour moi il y a 3 façons de courir un marathon. La 1ère consiste à le courir et le terminer sans se préoccuper du temps qu’on réalisera. La 2ème consiste à le courir et essayer de le terminer dans un temps convenable qu’on se fixe. Et enfin la 3ème consiste à le courir et le terminer en réalisant un gros chrono genre RP où on sait que pour atteindre cet objectif notre course sera dure.

Moi j’étais dans la 3ème catégorie, je ne pensais pas à le terminer c’était une évidence pour moi. Je voulais à tout prix finir mon 2ème Marathon en moins de 3 heures, chose que je savais faisable. Et enfin le dernier et plus important objectif était de battre les 2h52’25 réalisés à Marseille et pour cela je savais ce que je devais faire et comment le faire et ce même sans vraiment avoir étudié le parcours. J’aime bien les surprises et découvrir le parcours tout au long de ma course. Les jours précédant la course, les personnes autour de moi étaient beaucoup plus confiantes que moi sur le fait que j’allais battre mon temps et certains se sont mêmes approchés du temps que j’ai réalisé.  J’ai souvent dit que lorsque je publie mes sorties sur Instagram, que ce que vous voyez ce ne sont que des chiffres et pas le travail qui a été fait. Et lors des 2 dernières semaines avant le Marathon j’ai travaillé une allure pour ce Marathon qui me permettrait d’améliorer le temps de Marseille. Cette allure était de 3’55/km. Vous vous souvenez de cette fameuse semaine où j’ai aligné 6 sorties de minimum 15 kilomètres sous les 4′ au Km et que c’était juste histoire de faire une série de belles sorties ? Voilà ce n’était pas si innocent que ça, il faut toujours garder une part de mystère.

J’ai souffert dès le début et tout au long de ce Marathon. N’allez pas croire que j’étais à l’agonie durant toute la course. Quand je dis souffert je ne parle pas que du physique, il y a tout ce qui va avec comme le mental car dès le coup d’envoi je me suis mis en « Mode RP »  et pour y arriver il fallait que je sois costaud tout au long de la course.

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Être fort dans les moments de doutes où physiquement ça commence à être dur.  Ne pas écouter la voie dans la tête qui te dit de lever le pied ou d’abandonner car ça ne sert à rien ce que tu fais. Plus costaud que ces questions que tu te poses du pourquoi tu fais ça, qu’est-ce que cela va t’apporter. Oublier mon genou droit qui grince de temps en temps depuis Le kilomètre 5 et la douleur qui réapparaît par moment et en faire abstraction jusqu’à l’arrivée. Être fort mentalement et physiquement tout au long d’un parcours qui n’était pas si évident que ce que certains voulaient te faire croire. Enchaîner à mi-course lors du passage au Semi cette longue ligne droite lorsque tu arrives au niveau d’Antibes, ne rien lâcher au kilomètre 28 et sa montée puis enchainer les virages qui s’en suivent vers Juan les Pins, se surpasser au kilomètre 36 et une montée bien rude lorsque physiquement ça commence à être dur, pour au final à l’entrée de Cannes se dire que ça y est qu’on l’a fait, jeter un dernier coup d’œil au passage de la flamme rouge  sur la montre pour savourer ce dernier kilomètre et se permettre même d’accélérer et terminer les 200 derniers mètres au sprint ! Je fini ce Marathon bien plus épuisé qu’à Marseille et c’est normal d’un côté. J’avais un peu de mal à tenir debout mais ça allait, j’ai enlevé chaussures et chaussettes et j’ai marché pieds nus sur le goudron qui était légèrement froid. Au bout de quelques minutes ça allait beaucoup mieux et même si les jambes faisaient mal je pouvais bien mieux marcher. Place maintenant à la satisfaction du devoir accompli, savourer le moment présent même si avec du recul je me dis que j’aurais pu faire mieux, je ne lésine pas sur ce que je venais de faire, j’en étais fier. J’ai fait ce Marathon à mon image et à l’image de la maxime des #NeverNotRunning « On part à fond, on continue à bloc et on fini au Max !!!! »

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Comme à mon habitude je n’ai pas beaucoup bu durant ce Marathon, je n’ai rien avec moi durant la course ni gels ni eau. J’ai très très peu mangé seulement 2 bout de bananes ! Mon 1er ravito je l’ai pris au kilomètre 10. Je sais que ce n’est pas raisonnable mais encore une fois je connais mon corps, je me connais et je ne ferais pas cela si je n’étais pas sûr d’y arriver en faisant comme cela. J’approuve ceux qui me diront qu’avec une meilleure préparation plus adéquate et une meilleure nutrition durant la course que je peux viser encore plus haut, ils ont raison mais voilà je suis comme ça, c’est moi, peut-être qu’un jour je vais devoir faire comme ils disent si je veux m’améliorer et si je dois en passer par là je le ferais. En y repensant je cours presque ce Marathon à jeun !

Au final je fini ce Marathon des Alpes-Maritimes Nice/Cannes en 2h42’08 et j’améliore mon chrono par rapport à Marseille de 10 minutes ! Je termine 23ème sur 6 728. Réellement je savais que j’avais les jambes de le battre mais surement pas de 10 minutes. Sur les 42 temps intermédiaires j’en ai couru 34 sous les 4 minutes. Durant les minutes qui ont suivi l’arrivée je n’étais pas euphorique de la course que je venais d’accomplir et même une semaine plus tard je ne le suis toujours pas. Je suis juste satisfait de ce que j’ai fait, je savoure même, car je sais tout le travail qui a été fait pour que je puisse réaliser cela. Ce n’est pas seulement la course qui me rend heureux, c’est tout ce qui a été fait avant et pendant ! Et c’est cela que j’ai apprécié et savouré après la course et que je continue à savourer aujourd’hui.

Pour finir mon pavé je voudrais saluer et remercier toutes les personnes, tous les bénévoles vues et revues à l’occasion de ce Marathon. Arnaud un gars très bien, j’espère que ta Puce va vite aller mieux et qu’ainsi tous les 3 avec ta femme allez pouvoir être plus tranquilles et profiter de Jade. David un chouette type avec un humour décapant, ce fut un plaisir de faire ta connaissance ainsi que celle de ta femme et de ton petit Jeremy. J’espère que ce Nice/Cannes n’était pas ton jubilé et que malgré l’immense travail qui t’attend l’année prochaine on pourra se recroiser sur une course ! Un plaisir de vous avoir revu Lisa, Solène et Fanny ! Fanny penses à ce que je t’ai dis et savoure ! Et une joie d’avoir vu d’autres très belles personnes même si ce fut brièvement !

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Spéciale dédicace aux bénévoles et personnes qui ont fait que ce Marathon ait pu avoir lieu. A ce très beau parcours, même si je n’ai pas pu l’apprécier comme il se doit, un jour je referais cette course en balade juste pour l’apprécier et en prendre pleins les yeux…

Mais un jour pas tout de suite 😉

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Manu dit :

    Super course et super article !
    Encore bravo bruno !

    Aimé par 1 personne

  2. MarieBinous dit :

    Un super article qui donne vraiment envie !!!! Un immense bravo pour ta performance !!!

    Aimé par 1 personne

  3. Co de contes dit :

    Joli article. J’ai été ravie de te voir…et d’être à l’arrivée pour des derniers encouragements.
    Tu es atypique mais enthousiasment.
    Bravo encore.😘

    Aimé par 1 personne

  4. Coco dit :

    Toujours aussi sympa de te lire et de partager tes expériences d’avant et post course! Encore félicitations pour ton rp et je te souhaite le meilleur pour la suite de tes courses ! A bientôt sur le web….

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